L’urgence de vivre

Que dire de plus en cet été meurtri ? Faut-il en montrer moins (grande question qui agite les médias ces dernières heures) ? Ne pas s’exprimer personnellement et, a fortiori, publiquement sur les récents événements signifierait-il que nous nous sommes finalement habitués à l’horreur ? Ce matin, en prenant mon petit-déjeuner, les questions se bousculaient dans ma tête à la lecture du post de Lili, du blog Ma Récréation.

Il est vrai que j’ai moi-même évité de faire état de ma peine en dehors du cercle privé ces dernières semaines. Rien de calculé là-dedans, après tout, chacun vit et exprime son chagrin, sa colère ou sa peur comme il l’entend.

Le fait est qu’il y a plusieurs mois déjà, en mon for intérieur, j’ai décidé de vivre 130 fois plus. C’était après le 13 novembre. Très vite, après la stupeur et les larmes, j’ai réalisé à quel point chaque jour de plus est un bonus. Comme un hommage à toutes ces personnes trop tôt disparues, trop brutalement arrachées à leurs proches, j’ai décidé de réapprendre à m’émerveiller.

Pour tenir bon « en ces temps troublés », Le Monde dressait récemment la liste des ouvrages qui aident diverses personnalités à retrouver du « sens ». De leur côté, Les Inrocks -à travers la recension de l’ouvrage de Jean-Marie Pottier, Ground Zero– ont rappelé le pouvoir de consolation de la musique.

Si je valide les deux -dit la fille qui s’enfile les pavés d’Outlander en écoutant du jazz-, je m’astreins surtout à (ré)initier et à savourer les moments les plus simples aux côtés de ceux qui comptent. Je me concentre sur le « beau », sur ce qui me fait du bien. Je m’efforce de laisser de côté les petites et grandes déceptions.

Je n’y arrive pas toujours. Parfois, j’ai peur. Souvent, je peste. De temps en temps je râle. Je jure (un peu) aussi. Mais plus jamais les pensées négatives ne prendront toute la place –in real life ou sur ce blog-, je m’en suis fait la promesse.

Je préfère consacrer mon énergie à l’amitié, à l’amour, au(x) plaisir(s). C’est ma façon à moi de lutter contre ceux pour qui ces notions, si elles ont un jour été connues, ne veulent désormais plus rien dire.

 

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3 commentaires

  1. Coucou,

    Je vient de découvrir ton blog grace a Helene et je ne regrette pas.
    Ton texte est très beau et reflete (malheureusement) notre nouvelle realite… Ce n’est pas toujours facile de ne pas se laisser bouffer par le quotidien, mais maintenant plus que jamais je veux vivre, etre heureuse, et ne rien regretter!
    bises

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