Souvenirs de neige

Mardi, la neige a commencé à tomber dès 10h du matin. Dans la petite salle du rez-de-chaussée du Groupe Marie Claire, je pestais intérieurement tandis qu’on nous présentait les nouveautés à venir d’une grande marque de maquillage new-yorkaise. Non seulement il faisait gris depuis des semaines mais, pompon de la pomponette, on allait se retrouver à glisser sur les trottoirs puis à patauger dans la gadoue.

Après avoir regardé pour la 10ème fois l’appli météo, j’ai compris que l’option bottes de pluie pourrait ne pas être suffisante pour rentrer chez moi le soir-même. Je m’étais à peine trompée, arrivée trempée de flocons jusqu’au 2ème étage de notre immeuble situé pourtant à quelques pas de là. Je ne vous parle même pas des 5 à 6 chutes évitées par miracle (l’air bête et les bras qui font des moulinets en prime) les mercredi, jeudi et vendredi qui ont suivi ces 12 cm de coton glacé, étalé sur les toits et chaussées.

Un paysage qui me renvoie systématiquement à cette journée en famille, chez moi, dans le Sud-Ouest dans les années 90. Là-bas, vous vous en doutez, nous voyons rarement la neige. Peut-être seulement deux ou trois fois notables en 18 ans. Ce jour-là pourtant, il avait beaucoup neigé. Quelques 20 cm, pas moins. Le ciel était aussi blanc que notre gazon et il y avait des stalactites au grillage. J’imagine que c’était un week-end car nous étions tous à la maison. Après le déjeuner, ma mère nous a fait enfiler combinaisons et après-ski et nous sommes partis tous les quatre -Papa, Maman, ma petite soeur et moi- nous balader dans les coteaux. Nous y avons passé l’après-midi entier à faire des batailles de boules de neige et construire des bonhommes. Emmitouflée sous je ne sais combien de couches de vêtements, ma soeur, qui devait avoir à peine 6 ans, ses joues rebondies rougies par le froid, a marché des kilomètres sans broncher tant le moment était, nous le savions, aussi rare qu’éphémère. De par la présence de la neige, bien sûr, mais aussi parce qu’il était finalement rare que nous passions du temps tous les quatre.

Aussi, samedi, quand Mister T. a proposé une balade, je ne me suis pas faite prier. Il ne faisait pas bien chaud et j’ai glissé plusieurs fois, me raccrochant à son bras. Je n’ai pas pu m’empêcher d’observer ces familles venues profiter des dernières heures de glisse sur les talus. Sans vraiment le savoir, elles se construisaient à ce moment-là des souvenirs que l’on garde toute la vie.

 

Qu’est-ce que vous achetez pendant les soldes ?

Ce matin, je me suis rendue compte que les soldes n’ont plus du tout le même effet sur moi que ce qu’ils pouvaient avoir il y a quelques années.

À l’époque, je gagnais moins bien ma vie, mais surtout, j’avais tendance à l’achat compulsif. De fait, cette période ressemblait pour moi à une vaste orgie, les prix bas décuplant ma boulimie consumériste.

La plupart du temps, je ne retirai pourtant que peu de satisfaction de mes acquisitions. Je ne compte plus le nombre de fringues portées une fois ou deux seulement. Ou tout simplement renvoyées manu militari après un essayage sommaire mais plus tranquille chez moi. Sur le moment, pourtant, il avait fallu que j’achète cette veste, cette robe, cette paire de chaussures, ces trois tasses à thé dont je n’avais absolument pas besoin, comme hypnotisée par le rabais que je « gagnais » et qui, de fait, m’autorisait à ne pas « me priver ».

Est-ce l’âge, les soldes flottants et ventes privées toute l’année, la psychothérapie ou les trois à la fois qui m’ont transformée ? Le fait est que ces deux dernières années, j’ai naturellement revu mon approche de la démarque.

De manière générale, j’achète beaucoup moins (tous rayons confondus), mais, je crois, mieux. Plus durable en tout cas. Je fais davantage attention aux matières, à la coupe, à la provenance, à la qualité dans son ensemble. Et, surtout, j’évite d’accumuler plusieurs exemplaires d’un même produit. Il m’a fallu du temps pour l’admettre mais je n’ai définitivement pas besoin de 20 paires de chaussettes, 35 culottes et 42 robes.

Pour rationaliser ma relation aux choses je trie beaucoup plus souvent, appliquant deux règles, dont l’une directement piquée à Marie Kondo, prêtresse nippone du rangement : si ça ne te procure plus de plaisir, de joie, de ravissement, jette. La deuxième étant : si tu ne l’as pas porté / ne t’en es pas servi depuis plus d’un an, jette.

De fait, mes achats sont beaucoup plus posés et réfléchis. Là où autrefois j’achetais pour finalement « ajouter » à mes collections (parce qu’à ce stade, je crois qu’on peut parler de collections), désormais, j’achète surtout pour « remplacer ».

Durant ces soldes d’hiver, j’ai donc racheté : une paire de bottines en cuir (après m’être séparée de vieilles Clarks usées), une paire de bottes de pluie Méduse (après m’être séparée, à contrecoeur certes, d’une paire offerte il y a peu mais pas du tout à ma taille, ce qui faisait que je ne les portais jamais…), un gilet noir (un basique qui manquait à ma garde-robe), une « petite » veste noire (idem), deux T-shirt d’intérieur en coton Uniqlo, 5 paires de collants opaques Dim et une poêle à frire à bords hauts -oui c’est précis.

J’aurais aimé trouver une ou deux robes pour la mi-saison chez COS, mon enseigne favorite pour ce type de vêtements, mais rien ne m’a plu à ce jour. C’est ma troisième règle : avant d’acheter, je me demande toujours si cela me plait vraiment, si je le porterais / m’en servirais souvent. Au besoin, je me donne 24 h avant de valider mon panier virtuel, manière de voir s’il me fait toujours envie le lendemain. Ou je repose le cintre et repasse plus tard en magasin.

Pour l’heure, rien d’autre sur ma liste de courses, hormis deux portes de placard sur mesure. Pas de bol, ce ne sera pas soldé.

Mon plan d’attaque contre la grippe (et autres joyeusetés de l’hiver)

C’est l’une de mes (chouettes et estimées) connaissances dans le milieu journalistique, blogueuse aguerrie à la plume franchement drôle –Caroline Franc pour ne pas la nommer- qui m’a donnée l’idée de ce post. A la fois dépitée ET résignée, cette dernière a en effet annoncé il y a quelques jours sur Facebook que la grippe venait de s’incruster dans son foyer via un incubateur de taille : son aînée.

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